Rencontre internationale de « liberadores y liberadoras de la Madre Tierra »

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Tout d’abord, une salutation fraternelle, de frères et de soeurs. Un sage guna-dule disait déjà que tous les êtres, nous sommes frères et soeurs et que tous les peuples, nous sommes frères. Recevez, donc, une salutation d’un peuple frère, le peuple nasa, du Nord du Cauca, dans les cordillères du sud-ouest de Colombie.

Ensuite, vous partager que nous brûlons la deuxième mèche pour les inviter à la Rencontre Internationale de liberadores y liberadoras de Uma Kiwe, notre Mère Terre. La première, nous l’avons brûlé le 20 septembre de 2016, lorsque nous avons décidé d’organiser cette rencontre depuis La Emperatriz, une des terre de libération, ici, dans le Nord du Cauca. Aujourd’hui, depuis la fête rituelle du Sek Buy (la naissance du soleil), nous le rendons public avec toute la force du lancer de la deuxième mèche. La troisième mèche, nous la brûlerons le 4 août, lorsque nous nous verrons à Corinto.

Qui Invite?

Nous sommes les communautés du peuple nasa du Nord du Cauca, organisées en « cabildos indigenas »*, en lutte depuis la conquête en 1538. Depuis 46 ans, nous nous sommes organisés à partir d’une plateforme de lutte, qui nous a amené à récupérer la terre et agrandir le territoire. Aujourd’hui, alors que le modèle économique est devenu plus puissant que jamais et esclavise la planète, nous décidons de passer en offensive, en entrant directement dans les Exploitations du capitalisme, pour faucher les monocultures de canne et semer de quoi manger, pour libérer la Madre Tierra.

Qui invitons-nous?

Nous considérons que pour libérer la Madre Tierra, il nous faut libérer la pensée. Nous le disons ainsi: desalambrar (quitter les barbelés) de la terre dépend du fait de desalambrar (quitter les barbelés) du coeur. C’est pour ca que nous invitons à cette rencontre les gens qui depuis n’importe quel coin du monde cheminent, en tant que peuple, en tant que personne, en tant que collectif, en tant que processus, en tant que mouvement, dans l’intention de libérer le coeur et la Terre à partir d’une lutte et d’une pratique concrète qui confronte et laisse le capitalisme de côté.

 

 

…Nous, nous disons, comme indigenas, c’est à dire fils et filles de la terre, que notre Mère n’est pas libre pour la vie,  qu’elle le sera seulement lorsqu’elle sera de nouveau sol et maison collective des peuples qui en prennent soin, la respectent et vivent avec elle; et jusqu’à ce que ce ne soit pas ainsi, nous ne sommes pas libres non plus, nous, ces fils et ses filles.  Tous les peuples nous sommes esclaves avec les animaux et les êtres vivants, jusqu’à ce que nous arrivions à ce que notre mère retrouve sa liberté.  

Quelle est la invitation?

Le capitalisme a lancé sa bataille finale: il  vient maintenant râcler la marmite (il reste encore beaucoup mais c’est la fin). Si c’est ainsi, il reste peu de temps à la Madre Tierra pour faire germiner la vie comme nous la connaissons, et aucun coin de la planète ne se sauvera. Donc le sujet est assez simple: si on ne libére pas la Madre Tierra, on est cuits.

Un peu partout fleurissent des formes de vie qui résistent aux tentatives de « râclage » ou qui se maintiennent d’une certaine manière éloignées du capitalisme. Mais si chacun libère pour son propre compte, en solitaire, on est frits.

Nous invitons donc à nous rencontrer et à nous reconnaître, les différentes formes de vie que nous appelons aussi luttes, ou résistances, ou autonomies, et une fois rencontrées / reconnues à discuter de comment on voit les choses aujourd’hui dans le monde; et une fois reconnues et discutées, nous proposons que nous nous mettions d’accord sur comment on va continuer à résister au râclage de la marmite et nous donner des forces. Non pas pour le plaisir de se sentir forts, sinon seulement pour que la vie puisse continuer à être simple et chaleureuse.

Comment va se passer la rencontre?

C’est une rencontre de processus de base et de gens qui, descendant des nuages, s’engagent avec les processus de base. Par là, nous voulons dire que cela ne va pas être une rencontre d’académiciens ou d’académiciennes, ni d’experts ou d’expertes, ni de grands schémas, ni de tables de travail. Ce sera une rencontre en mode indigena et en mode populaire, où converser simplement et chaleureusement, dire et faire.

La rencontre a trois moments principaux:

1. Connaître toutes les luttes par coeur: connaître toutes les luttes présentes à la rencontre depuis leurs paroles simples et chaleureuses, autant ceux qui desalambran la terre comme ceux qui desalambran  le coeur, ou ceux qui font les deux.

2. Regarder le contexte avec le coeur: lire ce qui est en train de se passer actuellement depuis le coeur: l’offensive qui arrive du haut, et les offensives qui arrivent du bas. Où en sommes nous? Et qu’est ce qui suit?

3. Nous mettre en marche: avec un simple et chaleureux agenda qui récolte nos sentirs, mystiques et paris politiques cohérents avec la Libération de la Madre Tierra.

Comment allors nous faire cette rencontre?

Le processus de Libéración de la Madre Tierra est autogéré et pour conserver son autonomie, ne recoit aucune subvention d’aucune institution, ni ne dépend d’aucun projet de coopération. La seule chose qu’il a à offrir est la force de son mode de vie et c’est cette force et ce mode de vie que nous mettons en avant, et nous sentons que cela suffit pour vous inviter à cette rencontre.

Les « communautés libératrices » ont réussit que mille hectares de canne à sucre soient transformés en bois où vivent des animaux sauvages, et que la libération de la Madre Tierra atteigne les coeurs en toutes parts parce qu’elles ont donné leur vie entière à la libération.

La première rencontre internationale de Liberadores et Liberadoras de la Madre Tierra n’est possible que grâce à l’apport de chaque peuple, processus, collectif, mouvement qui participe. Partout, il y a des personnes et des collectifs qui sont prêts à soutenir pour le transport, l’alimentation et les matériaux, pour la réalisation de cet évènement. Nous avons déjà discuté avec certains d’entre eux, et allons discuté avec d’autres.

Pour récolter des fonds pour la rencontre internationale, nous avons vendu des t-shirts avec des dessins de la Libération avec les compagnons de Ibagué, Bogotá et Medellin, ce qui va nous permettre de financer certains billets d’avion. Nous réaliserons ainsi plusieurs activités afin de collecter des fonds et nous toquerons à différentes portes qui pourraient soutenir la rencontre sans conditionnement.

Quand arriver?

L’arrivée se fera le jeudi 3 aout de 2017 tout au long de la journée à la maison du Cabildo de Corinto (calle 5 # 8-85, Barrio la Playa). De là, nous irons encuite au lieu de la rencontre.

Avec quoi arriver?

Le lieu de la rencontre c’est un hameau, un lieu en campagne, en terre de climat chaud en été, avec le fleuve à 50 mètres de distance. Aux plus âgés, nous vous demandons d’amener une assiette et une cuillère. Aux plus jeunes, nous vous demandons d’amener le Kit-Minga: tente, petit matelas, assiette, cuillère, couverture. Nous chercherons un lieu dans le village de Corinto pour les personnes qui pour question de santé ou d’âge le requièrent.

Comme c’est une rencontre auto-gérée, nous vous suggérons d’amener un apport en nature ou en argent, pour avoir de quoi mettre dans la marmite.

Pendant la rencontre, nous organiserons un lieu pour faire du Troc, donc n’oubliez pas d’amener de l’artisanat, des livres, vidéos, t-shirts, graines, aliments, etc…

Comment arriver?

Le lieu de la rencontre, c’est Corinto, dans le département du Cauca.

Pour ceux qui arrivent par avion à l’aéroport de Cali: de Cali, prendre un bus au troisième étage du Terminal de transports direction Corinto. Le billet coûte 7000 pesos.

Pour plus d’informations:

 

 

Le Pot Commun

Depuis le Processus de « Liberación de la Madre Tierra » (libération de la Mère Terre), nous lançons un appel à dons, une vache comme on l’appelle ici en Colombie, ayant pour objectif la prochaine rencontre internationale de Liberadores y liberadoras de la Madre Tierra qui se déroulera du 3 au 6 aout en Colombie, dans el Cauca, à Corinto, dans une exploitation de Canne à sucre occupée par la Communauté.

Ce qui sera récolté servira à financer le voyage de nos invités internationaux, et ainsi à connaître et tisser les processus de « Liberación » qui sont en marche dans le monde.

Notre processus est autonome, nous ne recevons aucun soutien d’aucune institution, ce qui nous amène à lancer cet appel aux amis, d’ici et là, de tous les coins du monde où la voix de notre lutte fait écho.

Comment soutenir?

Les dons peuvent se réalisés au travers des plateformes suivantes:

Pot Commun
payPal

Montant réuni*: 1407€

*actualisé chaud jour

Merci pour votre soutien!