Notre lutte

Et c’est là que nous entrons en scène. La libération de la Terre Mère, ce n’est pas un nid douillet à l’intérieur de l‘Etat, et encore moins à l’intérieur du capitalisme. Nous libérons la terre du capitalisme, nous nous libérons nous-même, pour revenir au temps où l’on profitait de la vie simplement ; le temps où l’on mangeait, buvait, dansait, tissait, faisait des offrandes au rythme de Uma Kiwe. Nous sommes un nid sur le chemin de Uma Kiwe.
Du recoin de l’Histoire dans lequel on nous a toujours reclus, nous nous levons d’un bond, et nous nous mettons debout face au pouvoir mondial économique, politique, militaire. C’est un acte de pure nature, comme l’action de La Gaitana et ses guerriers. Une lecture du contexte mondial qui ne nous laisse pas d’autre option. Pour que tous les êtres puissent être, nous risquons notre être.

Voilà pourquoi nous allons continuer à récupérer des terres. Voilà pourquoi nous allons rendre sa liberté à Uma Kiwe : pour pouvoir coexister avec elle et défendre la vie. Voilà pourquoi lutter pour la terre ce n’est pas le problème et le devoir seulement des peuples indigènes, mais un mandat ancestral de tous les peuples, de tout.es les hommes et les femmes qui défendent la vie. Parce que c’est seulement dans la lutte pour rendre à notre mère sa liberté que nous pourrons retrouver de la dignité, atteindre la justice et l’équité, et cheminer la parole qui défend la vie. Nous continuerons à nous organiser en faisant des alliances stratégiques et en faisant appel à réveiller les consciences et récupérer la mère terre pour être libres, tout ceci depuis la parole incarnée en action dans l’esprit de la communauté. Depuis ce recoin sacré de la planète, nous faisons ce qui nous correspond pour la terre et la vie en tant que peuples ancestraux enracinés dans ces terres du Cauca. Nous luttons pour la terre et la vie, et sur ce chemin, nous la récupérons, nous transformons le droit de propriété pour qu’il soit collectif et nous convoquons les consciences à incarner la liberté.